La vision de Café éveil : lancer un café Spécialité « sharetrade » | Café éveil
Café Spécialité Coffee
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La vision de Café éveil : lancer un café Spécialité « sharetrade »

Le café Spécialité, un terrain fertile pour l’entrepreneuriat social

Jean-Guy Charron, Michel Charron et Martin Brière, les 3 associés de Café éveil, ont décidé de s’investir dans l’entrepreneuriat social, à la suite de carrières réussies dans les affaires en informatique, en distribution et en marketing, respectivement. Passionnés de voyages, de rencontres culturelles et d’exploration, nos trois entrepreneurs sociaux et aventuriers ont décidé de s’attaquer à la chaîne de valeur de l’industrie du café : manque de transparence, emploi abusif d’enfants, érosion du tissu social, iniquité et malnutrition.

Cette nouvelle chaine de valeur est basée sur le partenariat entre les différents acteurs ; nous l’avons baptisée « sharetrade » : un entrepreneuriat social qui est issu d’une nouvelle vision des relations commerciales.

– Martin Brière

Des bénéfices qui ne sont pas distribués équitablement

La consommation de café Spécialité au Canada et aux États-Unis connaît une croissance appréciable, pourtant les pays producteurs en bénéficient peu économiquement. La situation s’est améliorée dans les dernières décennies grâce en partie au commerce équitable (Fairtrade). Le « Fairtrade » permet de fixer un prix d’achat plus juste pour les caféiculteurs. Cependant, la grande majorité des bénéfices de la vente de café reste dans les pays occidentaux. C’est un des constats qui a poussé Jean-Guy Charron, Michel Charron et Martin Brière à vouloir se lancer comme entrepreneurs sociaux dans le domaine du café.

Du « Fairtrade » au « Sharetrade » : une nouvelle forme d’entrepreneuriat social

C’est au niveau du partage des bénéfices que la démarche des trois entrepreneurs sociaux de Café éveil va beaucoup plus loin : verser 100% des bénéfices aux communautés locales, financer des projets communautaires et impliquer tous les acteurs — du producteur aux détaillants. Voilà comment réinventer la chaîne de valeur existante en la remplaçant par une autre réellement plus juste. Cette nouvelle chaine de valeur est basée sur le partenariat entre les différents acteurs ; nous l’avons baptisée « sharetrade » : un entrepreneuriat social qui est issu d’une nouvelle vision des relations commerciales. Nous espérons inspirer d’autres entrepreneurs sociaux avec cette démarche car il reste beaucoup à faire, surtout au Guatemala., explique Martin Brière.

Entrepreneurs sociaux

L’idée de départ : créer un Café Spécialité porteur d’une cause exceptionnelle

De retour d’un voyage au Laos, Michel Charron rapporta des grains de café verts et proposa à son frère Jean-Guy de se lancer dans les produits de café. Jean-Guy, entrepreneur en retraite anticipée grâce à son entreprise en informatique, était à la recherche d’un projet d’entrepreneuriat social. C’est une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps, car j’ai toujours voulu redonner et œuvrer pour aider les communautés les plus démunies à développer leur pleine autonomie, indique-t-il. Martin Brière, ami de la famille, adhère tout de suite à l’idée et rejoint le projet. C’est ainsi que les trois entrepreneurs associèrent leurs fonds et compétences pour lancer Café éveil.

Café éveil lance son premier projet d’entrepreneuriat social au Guatemala

Une cause exceptionnelle doit bénéficier à une communauté productrice de café également exceptionnel. Puisque le café rapporté d’Asie ne satisfaisait pas aux exigences d’un café Spécialité dite de 3vague, en termes de goût et de qualité, les trois associés se tournent alors vers l’Amérique centrale réputée pour la production d’excellent café Arabica.

Leur choix s’arrête sur le Guatemala, un pays qui produit des grains de café d’une qualité très prisée et dont la situation économique et sociale est préoccupante : c’est le pays qui emploie le plus d’enfants en Amérique latine ; on estime qu’approximativement 850 000 enfants¹ entre 5 et 14 ans travaillent au Guatemala afin de soutenir leurs familles et près de la moitié d’entre eux sont déscolarisés. Le taux d’alphabétisation est parmi les plus bas en Amériques et seulement un tiers des enfants poursuivent leurs études au-delà de l’école primaire. C’est donc un pays où l’on peut s’y investir pleinement, nos voyages exploratoires nous l’ont confirmé, explique Jean-Guy Charron.

Entrepreneuriat social

Lors d’un voyage de visites de région caféières, Jean-Guy accompagné d’un ami maître-torréfacteur rencontrent Teodoro, propriétaire d’une exploitation de café. Ce dernier a des valeurs éthiques qui correspondent à celles de Café éveil et devient un partenaire crucial.

Des projets financés par leurs fonds personnels

L’idée de départ fut de se concentrer sur l’éducation, mais la réalité dans la communauté de Santa Rosa, au Guatemala, pousse les trois entrepreneurs à suivre les recommandations des partenaires sur place : il faut s’attaquer de front à une nutrition adéquate, à une éducation mieux encadrée et à l’équité.

Grâce à leurs fonds personnels, les trois associés de Café éveil financent d’entrée de jeu des projets dans la communauté productrice de café. Jean-Guy a investi des fonds accumulés grâce à son entreprise ; Michel et Martin y ont investi leurs économies de retraite. Dès décembre 2017, ils débutèrent les projets d’investissement dans la communauté. Dans cette région où 50 % des habitants souffrent de malnutrition et seulement 15 % des enfants poursuivent leurs études au-delà du primaire, il est urgent d’agir sur plusieurs fronts. La démarche d’entrepreneuriat social vient ainsi pérenniser les projets et assurer à la communauté une autonomie à moyen terme. Nous avons à cœur de démontrer que le modèle « sharetrade » est viable afin de le reproduire dans d’autres communautés, précise Michel Charron.

¹ Selon l’Organisation Internationale du Travail